Sammy Baloji

Artist statement

An African phantom: between ruins and modernity, Sammy Baloji

The history of his country, Katanga, has influenced Sammy’s works. The latter are dedicated to the industrial culture of Congo, which is a country characterized by many mineral sources exploited by Belgian colonisers.

In 2004, he became fascinated by the phantom character of Gécamines (General Mines Society ) factories in Lubumbashi. They are the symbol of the past wealth epoch of Katanga and show a particular side of Africa - the industrial side.
These are the author’s thoughts on memories and the ruins of colonisation:
“My previous works were dedicated to colonial architecture. To some extent, my current works have a direct connection with the colonial past, which gave birth to the cities of Katanga province. These cities were built upon mines. The latter belong to Katanga’s history. The essence of my question lies in the daily life of Congolese people. They are traces of the recent past, which is also present.”

Sammy Baloji’s images are not merely glances at that reality, but photomontages that merge ancient black and white photos of mines of Union Minière du Haut Katanga with contemporary colour images of actual mines and devastated landscapes.

In a review of his exhibition, Fondation Blachère reported:
“Sammy Baloji lets us brutally remain in the reality. Through photography we illustrate history. On one hand, there are desolated landscapes where all humanity has disappeared. They tell us about a working past which was responsible for wealth and pride: nowadays, that dream of pride has disappeared and it has left only some metallic structures which are slowly working.
On the other hand, there are black and white images of the colonial past.
It was only yesterday. Men who were chained up, naked, skeletal, we look at from great distance. In some photomontages, with metallic structure as background, those men sleep dignifiedly and are looked upon by us.
This is a repossession of that past, in order to look forward.”

Sammy Baloji illustrates the history of the Congo, which has several dark sides illustrated throughout history by different governments and particularly during the colonial epoch.

He says “To superimpose past onto present reveals the will to denounce past and present abuses.”

Jeanne Mercier

UNE AFRIQUE FANTÔME : ENTRE VESTIGES ET MODERNITE, SAMMY BALOJI

C’est à partir de l’histoire de son pays de sa région, le Katanga, que le travail de Sammy Baloji s’ancre dans une réflexion autour de la culture industrielle au Congo, un pays aux vastes ressources minières exploitées pendant des années par le colonisateur belge.

En 2004, il plonge dans l’univers fantomatique des usines de la Gécamines (Société générale des carrières et des mines), à Lubumbashi (sa ville natale). Symboles d’une époque et de la richesse minière du Katanga, ces mines montrent un visage particulier de l’Afrique, une Afrique industrielle.

Une réflexion autour de la mémoire et autour des vestiges de la colonisation.
« Mes précédents travaux traitaient de l’architecture coloniale. En quelque sorte, ces travaux avaient un lien direct avec le passé colonial. Un passé qui a amené à l’existence les villes de la province du Katanga. Ces villes s’étaient construites autour des mines. Les mines ne se détachent donc pas de l’histoire du Katanga. C’est toute la base de mon questionnement sur le quotidien du congolais. Les traces d’un passé proche, un passé présent. »

Les images de Sammy Baloji ne sont pas de simples prises de vue mais des photomontages alliant d’anciennes photos d’archives en noir et blanc des mines du temps de l’Union Minière du Haut Katanga à des images contemporaines en couleur des sites miniers actuels, des paysages dévastés.

Pour présenter son travail, la Fondation Blachère s’exprimait ainsi :
« Sammy Baloji nous ramène brutalement sur terre. Avec le photographe, nous remontons le temps. D'abord il y a ces paysages désolés où toute présence humaine a disparu. Elles nous parlent d'un passé ouvrier qui fût un temps moteur de richesse et motif de fierté : aujourd'hui de ce rêve de grandeur ne reste plus que des cathédrales métalliques abandonnées ou qui fonctionnent au ralenti.
Et puis, superposées, il y a ces images en noir et blanc du temps de la colonisation.
C'était seulement hier. Des hommes enchaînés, des hommes nus, squelettiques qui nous regardent de loin. Sur certains photomontages, sur fond de structure métallique et tuyaux, humiliés, ces hommes demeurent dignes et soutiennent notre regard.
Une réappropriation du passé, afin de regarder en avant. »

Sammy Baloji revisite l’histoire du Congo, une Histoire qui comporte de nombreuses zones d’ombre, notamment à l’époque coloniale mais qui se répète sous les différents gouvernements qui sont passés à la tête du pays.
« Superposer le passé au présent relève plus de la volonté de dénoncer les abus qui existaient et existent encore. » dit-il.

Jeanne Mercier

www.afriqueinvisu.org

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